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Il n’ y a pas de fumée sans feu

Ca fait un bail que je n’ai plus écrit sur mon blog. Manque d’inspiration, un peu par lassitude vis à vis des évènements qui se succédent dans notre pays.

Grèves, sit in sauvages, sabotages et pillages … Un dangereux train train quotidien mettant à mal notre optimisme d’un avenir meilleur après la chute du régime despotique de Ben Ali et sa clique.

Lorsque soudain éclate en plein jour l’affaire de l’ancien ministre de l’intérieur Farhat Rajhi (27 janvier au 28 mars ). De quoi me faire sortir de ma torpeur, de servir d’étincelle et d’excuses pour certains de repartir dans un nouveau cycle de manifestations, débordements et répression policière.

Les propos qu’ a tenu Farhat Rajhi sur un éventuel complot contre la révolution en présence de deux journalistes relèvent plutôt d’une discussion de café à bâtons rompus que d’une interview officielle servant à divulguer des informations d’importance capitale .

Mais voila qu’une polémique est née accompagnée d’ une levée de boucliers, suite à la diffusion d’une vidéo de cette rencontre sur l’inévitable facebook.

A- t- elle été réellement  prise à son insu et diffusée sans son accord comme il a laissé entendre ?

Mais que peut on lui reprocher, sinon que dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas ? Ses dires devraient ils faire l’effet d’une bombe comme on a pu les qualifier dans les médias ?

S’agissant de notre armée ce n’est un secret pour personne , si lors des pires moments d’insécurité dans le pays où la peur du chaos nous a tous envahis, chacun de nous a pu souhaiter ou envisager un moment ou un autre que l’armée reprenne en main le pays.

Alors pourquoi ne pas envisager, si le parti d’Ennahdha  était amené à gagner les futures élections , il ne jouerait peut être pas le jeu de la démocratie et trahirait par conséquent  les objectifs de la Révolution. Dans ce cas l’armée ne laissera pas faire. Simple hypothèse.

D’autant plus que ce scénario s’est dejà déroulé par le passé chez nos voisins Algériens. Plus récemment en Egypte,   par prévoyance l’institution militaire a déjà pris les devants.

C’est vrai qu’on dit toujours que le cas tunisien est différent de celui de ces voisins, nous l’espérons tous, mais rien n’est joué d’avance.

On accuse Farhat Rajhi aussi de régionalisme car il n’a pas su faire adroitement la distinction entre le peuple du sahel et les clans d’influence issus du sahel qui essaient de garder le pouvoir pour leur propre intérêt, et ce n’est encore une fois un secret pour personne !

Une accaparation du pouvoir pendant des décennies qui a amené la situation de déséquilibre régionnal que l’on connait.

L’ ancien ministre de l’intérieur a été évincé de son poste sans doute pour avoir osé pousser un peu trop loin le grand ménage au sein de ce ministère, au risque d’un éclatement de ses structures.

Il paye le prix d’avoir peut être voulu réformer trop vite la police 7.0  formatée aux anciennes méthodes de zaba ,police qu’il s’est effectivement mis à dos.

Farhat Rajhi a donné un coup dans la fourmilière, jetté un pavé dans la mare encore trouble de la révolution, débat tunisie a même dit avec ironie » dans l’ Ammar »

A mon sens il est accusé à tort de semer la discorde, d’être contre la révolution, on parle de le trainer rapidement  en justice pour un  » délit d’opinion  ».

Etonnant cet acharnement sur quelqu’un qui est victime de son franc-parler, alors que les corrompus et soutiens de l’ancien régime se promènent en liberté sans être inquiétés.

Avec ses déclarations cherchait- il à augmenter sa popularité ou était- il manipulé comme l’on a si souvent laisser entendre par je ne sais quel bord politique ?

En tous les cas il a eu au moins le mérite de faire réagir le premier responsable du gouvernement M. Beji Caid Essebsi qui a participé avec trois journalistes à un débat télévisé ce dimanche 08 Mai 2011.

Un semblant de  débat d’ailleurs mené par le premier ministre à sens unique.Il n’ y avait qu’à voir la position spatiale de ces journalistes tous assis du même côté par rapport à   M. Beji Caid Essebsi, ce qui les empêchait à coup sûr de pouvoir communiquer visuellement entre eux et donc de diriger ce débat.

Dorénavant il existe maintenant une opinion publique en Tunisie dont les gouvernants doivent désormais en tenir compte, par le passé cette dernière était assimilée à un troupeau de moutons plus ou moins dociles.

Il n’ y a pas de fumée sans feu.

Les réactions intéressantes de l’artiste Raouf Ben Yaghlane et de Ryadh Guerfali de Nawwat.org à cette affaire.


La conférence de presse du nouveau premier ministre provisoire B.CAID ESSEBSI

Après l’annonce hier par le Président de la République par intérim, M. Foued Mebazaa, de l’entrée du pays dans une nouvelle phase qui rompt définitivement et de manière irréversible, avec le régime déchu et de la tenue d’élections pour élire une Assemblée Nationale Constituante voici :

Les grandes lignes de la  conférence de presse  tenue aujourd’hui le 04 mars 2011 par le nouveau premier ministre provisoire Béji Caid  ESSEBSI dont la volonté est manifeste de détendre l’atmosphère et donner un véritable nouveau départ dans le pays.

1. L’état Tunisien doit retrouver son prestige et son autorité en ramenant la sécurité dans le pays , effort qui demandera plusieurs mois.

2. L’ancien président Ben Ali en fuite ( qualifié de déserteur ), en tant que commandant en chef  des armées a commis une haute trahison envers l’état pour avoir rennoncé à assumer  sa responsabilité  d’assurer la stabilité et la sécurité de la Tunisie.

3. Je comprend après cette révolution,  l’explosion des tunisiens et même certains dépassements  après deux décennies d’oppression du régime dictatorial de Ben Ali

4. Le tourisme vecteur important de l’économie nationale doit redémarrer dès à présent pour sauver la saison touristique à venir.

5. Il fut un temps où  le mot  » dégage  » était justifié et avait son importance, maintenant il faut lui trouver un remplaçant plus positif.

6. La majorité des Tunisiens approuve la tenue d’élections pour la nouvelle Assemblée Constituante dans les meilleurs délais.

7. Le gouvernement actuel est certe  provisoire mais il a une importante  mission de sauvetage du pays.

8. L’ abandon de la constitution de 1959 implique que toutes les institutions s’y référant seront caduques y compris la chambre des députés.

9. Le gouvernement provisoire disparaitra avec l’élection de la nouvelle Assemblée Constituante, mais jusqu’à cette date il travaillera sans relâche pour le bien de la Tunisie.

10. La jeunesse doit faire confiance au gouvernement et à son avenir.

11. Avec humour , le premier ministre dit ne posséder que sa propre voiture,  » la conviction est une source de richesse intarrissable  » rajoute t’ il.

 

C’est le  premier discours d’un homme politique n’utilisant pas la langue de bois depuis l’arrivée au pouvoir de Ben Ali en 1987, il était temps !


Démission du premier ministre Mohamed Ghannouchi et manifestations de soutien

Le premier ministre Mohamed Ghannouchi vient d’annoncer sa démission de la tête du gouvernement de transition de la Tunisie.

Lors d’ une longue conférence de presse retransmise par Al Jazeera , la télévision nationale étant en grève,le premier ministre a fait le bilan de sa courte présence dans ce gouvernement pour ensuite annoncer cette démission.

 » Je ne serai pas le Premier ministre de la répression » –  « Je ne suis pas le genre de personne qui va prendre des décisions qui pourraient provoquer des victimes » a t il déclaré pour expliquer sa décision, dans le but de décrisper la situation qui s’est dégradé dans le pays.

Le gouvernement de Ghannouchi a toujours subit et n’a jamais  pris les devants reculants ou prenant des décisions sous les coup de butoir de la rue.

L’épisode de la nomination de ministres et de gouverneurs de l’ancien RCD, puis leur changement après la colère de la rue montrent bien une fébrilité de ce gouvernement dirigé par Ghannouchi.

Ajouté à cela un déficit dans la communication extérieure avec le peuple et les médias ne l’a pas aidé  à se défaire de  son image qui colle trop avec le passé alors que la rupture devait être nette dans l’esprit des tunisiens.

Apparemment l’appel aux services de la bande à Hakim El Karoui n’a fait qu’empirer les choses.

Une manifestation de soutien s’est aussitôt tenue devant son domicile pour réclamer son retour.  » Le peuple veut Mohamed Ghannouchi  » ont scandé les gens présents devant la porte d’entrée de sa maison à El Menzah 5.

Un journaliste de la télévision nationale présent sur place  a été pris a partie par certains manifestants tandis qu’il expliquait qu’il avait démissionné.Le premier ministre avait accusé cette télévision d’être à l’origine d’un acharnement contre sa personne.

C’est Béji Caïd Essebsi un ancien ministre de Bourguiba, notamment aux affaires étrangères, qui vient d’être annoncé comme son successeur.

Une difficile mission l’attend, celle de sortir le pays de la situation infernale dans laquelle il se trouve à savoir, le  pouvoir qui appartient à la rue !