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Où va t’on dans la diversion ?

 

Bien qu’étant plutôt optimiste et confiant sur l’aboutissement un jour du processus démocratique entamé par le peuple tunisien, je ne peux m’empêcher de dresser à l’heure actuelle  un bilan en demi-teinte.

Je commencerais par la fin et non le début des évènements historiques vécus par les tunisiens depuis le déclenchement de la révolution en décembre 2010.

Le gouverneur de la banque centrale de Tunisie vient de déclarer que le taux de croissance économique du pays avoisinera les 0 % pour l’année 2011, c’est un résultat contre productif.
Les perspectives de la relance économique ne sont pas plus au beau fixe non plus.

C’est sûr toutes les révolutions n’ont pas vu leurs objectifs atteints, ou ont connu des débuts très difficiles.

La notre n’a donc pas échappé à la règle, elle aurait pu connaître un destin différent, mais nous avons gaspillé nos chances de continuer la mutation des structures de notre pays à partir du formidable élan de solidarité qui nous a habité.

Pourtant nous avons franchi l’obstacle le plus dure à négocier durant lequel les forces contre-révolutionnaires ont plané sur le pays quelques semaines après le départ du dictateur déchu.Pendant cette sombre période, la peur et l’insécurité l’avaient emporté sur l’optimisme ambiant,le vide politique était grand à tel point que la tentation que l’armée prenne les commandes était largement discutée ou bien souhaitée  par la population.

Mais cette dernière a prouvé par la même occasion sa vocation  » d’armée républicaine « .

Lors des manifestations, on réclamait la dignité,le travail et surtout on demandait la tête de la famille mafieuse qui régnait sur le pays, synonyme de corruption et de pillage des richesses nationales.

Maintenant une fois Ben Ali parti que voit on: ceux qui avaient la chance de travailler n’ont pas cessé de faire des grèves à répétitions pour  des augmentations de salaires.Ces débrayages ont pratiquement mis à genou l’économie, ont augmenté dangereusement le  risque que des entreprises mettent  la clé sous le paillasson et menacé encore plus les postes d’emploi déjà précaires. Drôle de solidarité avec les chômeurs !

La cherté de la vie se fait de plus en sentir  touchant de plein fouet  les couches sociales les plus démunies le gouvernement provisoire tentant d’amortir la crise comme il le peut  !

Et ceux qui déjà possédaient un toit décent profitent du  » passage à vide  » de cet état Tunisien pour construire anarchiquement sans permis de bâtir.

Absents lorsque les jeunes se faisaient réprimer par la police pendant le soulévement, les salafistes veulent maintenant récupérer le mouvement à leur compte,ils sont certes minoritaires mais  sément la zizanie en prenant l’université tunisienne en otage.

Alors que le pays est comme un navire en perdition dans la tempête, les barbus tentent de faire diversion auprès de l’opinion publique sur un faux problème, celui de la perte des valeurs islamiques et un faux débat, celui du port du niqab si loin de nos traditions.

On est bien loin du slogan scandé par les manifestants le 14 Janvier devant le siège du ministère de l’intérieur :  » Pain,eau mais Ben Ali non  »

Politiquement ce n’est guère mieux , le 23 octobre le peuple était invité à l’occasion des premières élections libres à choisir les membres d’une future assemblée constituante dont la mission première est de rédiger la nouvelle constitution censée garantir dorénavant l’état de droit en Tunisie.

Mais depuis cette date il est peu question de la rédaction de cette constitution.Pire la coalition majoritaire ne montre aucune volonté à s’atteler au travail et vouloir résoudre la crise sociale.
Elle ne semble que s’attarder sur les querelles politiciennes et le partage du pouvoir à travers la composition du gouvernement qui tarde à venir.Plus de quarante jours sont passés maintenant alors que la durée de vie théorique de cette assemblée n’est que de un an,quelle efficience dans l’action !

Il est indéniable que les Tunisiens ont acquis la liberté d’être et surtout de s’exprimer,mais pour le moment certains  » objectifs de la révolution  » ont été détournés par une partie de la société  qui a su en profiter,  le pays semble relativement calme mais jusqu’à quand ?

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Les relations entre la Tunisie et la France vont elles connaitre un hiver rigoureux ?

Le peuple tunisien a voté ce dimanche 23 octobre 2011 pour choisir les membres de sa future assemblée constituante. Tous les observateurs aussi bien nationaux que venus de l’étranger ont été  unanimes pour témoigner du  bon déroulement dans un climat général de transparence et de liberté de ce premier scrutin libre.

La Tunisie a pu l’organiser en un temps relativement court, moins de dix mois après avoir chassé Ben Ali et son clan par la pression de la rue,une réussite malgré l’absence de tradition démocratique.Ce n’est pas une surprise , le dictateur est parti, son régime s’est effondré mais la continuité de l’état a été  assurée sans oublier la tenacité de la société civile à mettre un frein à la contre-révolution qui a failli capoté la dynamique révolutionnaire.

Ces élections sont inédites depuis l’indépendance du pays en 1956 après la fin du protectorat français de 1881, peut être même uniques dans le monde arabe.

Elles ne sont pas une fin en soi, mais elles constituent une étape importante dans la transition démocratique qui pourra servir de modèle pour le reste du Maghreb et Moyen-Orient.

Même si les résultats ne sont pas encore définitifs à ce jour, c’est le parti Ennahdha qui est déclaré le vainqueur vu sa confortable avance en nombre de sièges gagnés dans cette assemblée.

Les réactions louants la bonne tenue des élections et les félicitations pour la transition démocratique n’ont pas tardé à venir de la part des principaux dirigeants européens sans oublier les encouragements de l’administration américaine qui semble vouloir toujours prendre les devants.

Cependant un pays par le biais de son gouvernement a une position pour le moins ambiguë depuis le déclenchement de la révolution en Tunisie,  c’est la France ancienne puissance coloniale ! Après le déclenchement des manifestations de décembre 2010 et l’immolation par le feu de Bouazizi elle n’a pas vu venir ce qui allait être le début d’une révolution pacifique et ensuite le  » printemps arabe  ».

Elle ne s’est  même pas préoccupée des revendications d’aspiration à la justice et à la liberté des Tunisiens, pire elle n’a eu comme seul souci de proposer son savoir faire sécuritaire pour courir au secours du régime ami de Ben Ali, c’est ce qu’on a appelé la   » diplomatie de la matraque  » dixit Harlem Désir.

Pour rappel pendant la campagne présidentielle, en mars 2007,  le président Sarkozy s’était engagé à  » défendre les droits de l’homme partout où ils sont méconnus ou menacés « . Alors que la Tunisie vient de prendre son avenir en main à travers son peuple qui a choisi la démocratie,ce même président par le passé en concubinage avec Ben Ali  exprime maintenant son inquiétude : « La France sera vigilante sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques ». Quel paradoxe !

Ignacio Cembrero   journaliste à El País, le  fameux quotidien espagnol, s’est interrogé sur le manque d’enthousiasme de la diplomatie française à vouloir envoyer des signes d’encouragement au peuple tunisien après la réussite des élections.

 » La France a été mesquine vis à vis de la Tunisie qui accouche d’une démocratie  » écrit il au début d’un billet intéressant à lire.

Aussi il pense que l’on soit d’accord ou non avec les idées du vainqueur il aurait été plus judicieux de le féliciter lui qui tire dorénavant sa légitimité des urnes :

  » On peut certes s’inquiéter légitimement des intentions, sur le moyen ou le long terme, d’Ennahda. Mais d’abord il faut être bon prince et se réjouir du démarrage de cette expérience démocratique en Afrique du Nord, manifester sa volonté de l’épauler, de travailler main dans la main avec les nouveaux représentants du peuple tunisien  » .

Il conclut son article par une phrase qui résume bien à mon goût  la position de la Françe qui souffle le chaud et le froid :

«  La France qui a été la dernière puissance occidentale à lâcher Ben Ali est à nouveau la dernière quand il s’agit de fêter avec les tunisiens la démocratie naissante  » .

D’une manière générale les médias français ont relativement bien accueilli le  résultat  de ces élections, sauf que l’on sent que certains commencent à ronger leur frein et déraper pour nous resservir la sempiternelle menace islamique aux portes de l’Europe.

Tel est le cas de certains éditocrates comme l’aime à le rappeler Alain Gresh dans le blog Nouvelles d’Orient,   » Mais voilà : certains n’acceptent la démocratie que lorsque les électeurs votent comme ils le souhaitent  » souligne t’il .

Or , il se trouve que la Tunisie n’a pas fait une révolution aussi prometteuse que celle ci juste pour faire plaisir au côté Nord de la méditerannée. C’est une réelle aspiration à la liberté que malheureusement la classe dirigeante française principalement de droite a tardivement comprise contrairement à l’administration américaine d’Obama.

Cette révolution vient d’aboutir sur un processus démocratique, les islamistes sont une composante de la société avec laquelle les forces démocratiques et laiques du pays doivent composer et non exclure comme par le passé juste pour justifier la maxime  » dictature ou islamisme  » chère aux personnalités françaises qui ont presque toutes un pied-à-terre confortable en Tunisie.

Après tout ce ne sont que des élections pour l’assemblée constituante,cette assemblée a pour seule vocation de rédiger la future constitution et non pas d’élaborer une politique à long terme pour la Tunisie.Le chemin à parcourir est encore très long , Ennahdha n’est même pas assurée de s’enraciner et s’accaparer du pouvoir !

Reste à Ennahdha de démontrer comme je l’ai dit dans mon précédent billet qu’elle ne cherche pas à imposer sa vision de la société, mais plutôt laisser à tout citoyen sa propre conviction décider pour lui, de quoi dissiper  les doutes chez les plus sceptiques qui ne cessent d’alimenter le fonds de commerce des  » islamophobes  » .

Quand la France va-t-elle féliciter Ennahda en Tunisie ?  par  Ignacio Cembrero

Tunisie, les éditocrates repartent en guerre  par Alain Gresh


Ennahdha ou l’utilité de son succès en Tunisie

Quelqu'un d'autre par le passé avait dit la même chose

D’après les résultats partiels il ne fait plus de doute que le mouvement islamiste Ennahdha vient de gagner  les premières élections libres et transparentes de la Tunisie post-révolution : les élections de l’assemblée constituante du 23 octobre.

Bien qu’électoralement parlant la confusion a été introduite dans l’esprit des gens , volontairement ou pas d’ailleurs, les sujets du chômage et de l’emploi ou la baguette à 100 millimes n’ont rien à voir avec l’enjeu de bâtir une nouvelle constitution pour le pays, ces élections sont globalement un trés gros succès, un exemple à suivre pour les peuples en quête de liberté, vu la bonne organisation assurée par L’instance Supérieure Indépendante pour les Elections  ( ISIE ), le taux de participation et la discipline des participants.

Mais suite au succès d’Ennahdha dans ce scrutin, beaucoup de nos compatriotes sont devenus inquiets, pour ne pas dire atteints de la psychose  d’un éventuel  péril islamiste qui ferait retourner le pays en arrière en matière de libertés individuelles, de droits acquis de la femme.

Je ne suis pas aussi catastrophé qu’eux, je reste zen et garde mon calme, je ne prétends pas qu’il n’y a rien à craindre simplement il faut rester vigilant.

Ce qui vient de se passer en Tunisie depuis le mois de décembre 2010 est tout simplement extraordinaire, de simples sujets dans un pays gouverné par une famille mafieuse nous avons retrouvé le goût de la citoyenneté.

Jamais deux sans trois, nous avons réussi la première révolution pacifique du monde arabe, nous avons réussi les premières élections libres du  » Printemps arabe » , il n’y a aucune raison pour ne pas réussir notre première expérience démocratique.

Alors faudrait il pour autant avoir peur d’Ennahdha , croire à l’instauration d’une nouvelle dictature à la place d’une autre  comme ne cessent de marteler certais médias et oiseaux de mauvais augure dans les espaces d’expression occidentaux ?

Personnellement je ne le crois pas , ce succès n’est peut être pas contre-productif pour le  pays,  non pas parce que je partage les idées de ce mouvement  mais pour les raisons suivantes :

1. Les islamistes ont été interdits et pourchassés du temps de Bourguiba et Ben Ali à tort ou à raison. Après trois  décennies de traversée du désert  il était temps pour eux d’entrer dans la légalité en s’adonnant à l’exercice du pouvoir , en somme passer du statut d’ eternel opposant à celui de gouvernant.

2. Cet état de fait contribuera à ce que le « soufflé islamique  »  retombe une bonne fois pour toute,c’est à dire que maintenant leur objectif atteint démocratiquement on apprendra à considérer les islamistes comme une composante de la société civile, la confrontation sur le terrain de la politique et des débats étant préférable à un cycle de violence meurtrière pour ne pas citer l’ amère expérience algérienne. Il ne pourra en résulter qu’une  décrispation de l’ambiance  causée par  » la peur de l’ épouvantail islamique « qui a toujours prévalu par le passé et que nous a imposé Ben Ali appuyé par ses cyniques amis occidentaux, pour s’accaparer du pouvoir durant presque un quart de siècle.

3. La Tunisie à travers son peuple semble avoir  réalisé le rêve des Etats-Unis qui est de  résoudre le problème posé par les courants islamistes, ou comment dans le monde arabe intégrer ces mouvances dans le processus démocratique pour en finir avec l’islam extrémiste anti-occidental.

L’ administration américaine  qui ne s’y est pas trompé  ne cesse d’envoyer des signaux forts d’encouragements au processus de changement pacifique. Elle  est devenu prompte à réagir au besoin comme l’ attestent les déclarations de son premier responsable  Barack Obama :

  ’’ Aujourd’hui, moins d’un an après avoir inspiré le monde, le peuple tunisien a effectué un important pas en avant. Je félicite les millions de Tunisiens qui ont voté pour la première élection démocratique du pays qui a changé le cours de l’Histoire et lancé le printemps arabe ’’

4. Nous tunisiens possédons désormais une nouvelle arme chèrement acquise  qui s’appelle   » la liberté d’expression  » et disposons d’un formidable stock de munitions tels que les blogs, réseaux sociaux,pétitions, manifestations etc … A l’heure d’internet rien ne peut plus se passer sous silence.

5. Même si Ennahdha pour le moment est en position de force  il n’en demeure pas moins  qu’il est conscient de la tâche ardue qui l’attend. Il faut redresser  l’économie et  trouver des réponses urgentes aux revendications sociales des Tunisiens.  Manquant d’expérience il n’entend pas endosser seul toute la responsabilité politique durant cette période de transition. Partager les risques d’échecs en faisant appel à une large coalition avec d’autres partis laics telle est la voie qu’il semble choisir.

6. Enfin tout simplement les leaders d’Ennahdha ne cessent de repêter que le modéle qui les inspire  est le modéle de l’ AKP turc, ce parti islamiste qui gouverne un pays laïc. Devant  le bénéfice du doute nous devons laisser Ennahdha démontrer sa bonne foi avant de lever les boucliers.

Je vois mal sa direction politique perdre son temps à vouloir imposer la charia ou limiter les droits de la femme au risque  de déclencher un mécontentement populaire alors qu’il y a du pain sur la planche et d’autres chats à fouetter. A moins que la base que l’on dit plus radicale ne l’emporte sur les modérés !

Je suis fair play, je félicite Ennahdha pour ce probable succès.

Membres d’ Ennahdha je respecte vos convictions, en retour ne réduisez pas notre espace de liberté, laissez nous vivre comme par le passé dans une Tunisie libre et laique comme nous l’a permis de le faire Bourguiba. La balle est dans votre camp !


Barack Obama bientôt à Tunis ?

Barack Obama serait bientôt à Tunis pour la première visite officielle d’un président des Etats Unis  en Tunisie. Cette info a été relayée par le journal en ligne   » Maghreb Confidentiel  ».

La  promesse  aurait été faite  lors du dernier sommet du G8 en France par le président américain à  M.  Béji Caïd Essebsi  premier ministre du gouvernement provisoire de la post révolution.

Pour ma part j’ai toujours pensé cette visite comme hautement probable, car elle pourrait s’inscrire dans un enchainement d’ événements totalements inédits depuis la chute de Ben Ali au mois de janvier dernier .

Les pays européens  et les Etats Unis ont toujours soutenu jusqu’à un passé trop récent c’est à dire l’année 2010 les dictatures du monde arabe sous la sacro-sainte théorie  » La dictature ou bien l’extrémisme religieux » jusqu’au soulévement des peuples Arabes, communément appelé le printemps Arabe.

Ce dernier initié par la jeunesse défavorisée tunisienne a démontré contre toute attente qu’une autre voie était possible pour aspirer maintenant  à la liberté sans violence et surtout sans recours à l’idéologie islamiste .

Ces peuples ont longtemps été pris en otage par ces dictatures corrompues soutenues par l’Occident, fossoyeuses du monde Arabe, qui ont enfanté l’extrémisme religieux.

Mais  il s’est avéré  que la jeunesse avait une toute autre vision pour vouloir vivre un avenir meilleur et s’assumer pleinement à l’instar des jeunes des autres pays de la planète.

Les  slogans demandant le changement  et les manifestations pacifiques  ayant ébranlé certains pays Arabes l’ont démontré.

Ces événements ont porté un coup fatal à Al Quaida et à son idéologie d’obscurantisme beaucoup plus que les années de lutte contre le terrorisme menée par les Etats Unis depuis l’attentat du World Trade Center le 11 septembre 2001.

La disparition du fond de commerce d’ Al quaida coincide avec la décision d’éliminer physiquement son leader Oussama Ben Laden, sans doutes que  la date de son  » assassinat  »  a été choisie en relation avec cette nouvelle donne stratégique dans le monde arabe.

Depuis le discours sur l’état de l’Union de Barack Obama où il avait pronnoncé ces quelques  phrases :

« La volonté du peuple s’est révélée plus puissante que l’étreinte d’un dictateur ».

« Et ce soir, que ce soit clair : les États-Unis d’Amérique sont solidaires des Tunisiens, et soutiennent les aspirations démocratiques de tous les peuples »

les Etats- Unis ont bien senti le vent tourner, eux qui  pour une fois n’ayant pas l’initiative des choses ont  pris le train en marche.

 

 

L’administration américaine n’a pas arrêté d’envoyer des signes forts à l’encontre des Tunisiens, avec des visites au plus haut niveau, en un espace de temps relativement court de Hillary Clinton la chef de la diplomatie américaine ou du sénateur américain John McCain  qui déclaré : «Dans la région, il y a soit la dictature soit l’extrémisme, et grâce à vous, la voie de la démocratie est ouverte».

Alors Barack Obama en Tunisie ? Sûrement avant la fin de l’année 2011 car étant lui même candidat à sa propre succession pour la présidentielle de 2012,ou  peut être repoussera t’il l’échéance en 2012 s’il croit en ses chances de réelection ?

Obama en Tunisie ou pas tâchons d’être à la hauteur de ce mouvement d’admiration et de sympathie mondiale qu’a suscité la révolution tunisienne.


Rendre odieuse la dette Tunisienne

Je relaye ci-dessous et à la demande d’ actionsolidairesinternationales l’article  » Rendre la dette odieuse  » relatif  à  la dette contractée par la Tunisie sous l’ancien régime de Ben Ali.

Les auteurs s’appuient sur le concept de la  » dette odieuse  » pour montrer que  le futur nouveau gouvernement démocratique est en droit de déclarer illégale cette dette tunisienne car ayant servi pour assoir un régime despotique et non pour les besoins de l’Etat.

Les auteurs pensent que l’annulation de cette dette permettra à la Tunisie, débarassée de la dictature et des prédateurs du clan Ben Ali-Trabelsi ,  d’utiliser maintenant ses fonds propres  pour   » les dépenses sociales et productives dont elle a besoin  ».

Ce concept de dette odieuse est plus que jamais d’actualité et trouve tout son sens avec les récents événements qui secouent le monde arabe.

Sous couvert de la théorie de  » la dictature ou bien l’islamisme  » des régimes  autoritaires et corrompus  ont étés soutenus par des pays occidentaux grâce à un afflux de capitaux, mais après la chute de ces despotes, les peuples  » libérés  » héritent d’un lourd fardeau à porter qu’est la dette contractée.

Dans le cas Tunisien il faudrait établir la vérité sur la part  de l’argent ayant véritablement servi au pays et celui détourné par l’ancienne dictature , car il est légitime de dire que la population tunisienne  ne peut pas assumer la responsabilité d’une partie de cette dette.

D’autant plus que la dégradation de la note de la Tunisie  par les agences de notation montre bien que l’on fait plutôt confiance à une dictature qu’à un pays en voie de démocratisation.

Alors à quoi bon rembourser ?

Rendre la dette odieuse

Le nouvel ordre colonial permet à des minorités de s’enrichir et de placer le fruit de leur exploitation au Nord, ou dans les paradis fiscaux. Même si les pays du Sud sont apparemment indépendants, l’acceptation au sein de la communauté internationale dépend de la bonne application d’une politique globale. Les révolutions en cours dans le monde arabe vont-elles s’attaquer aux divers mécanismes de domination, comme la dette, la corruption, l’évasion fiscale et la recolonisation des terres (achat massif de terres par les multinationales et les Etats étrangers) ? Le renversement d’une dictature débouchera sur un pouvoir légitime à condition qu’il revienne sur tout ce qui a amené à la stagnation du pays, à son appauvrissement. Les peuples réussiront-ils à exploiter jusqu’au bout la situation qu’ils ont ouverte ? Cela représenterait un précédent considérable pour tous les autres pays néo-coloniaux.

Une fenêtre historique pour l’émancipation

Des régimes illégitimes ont contracté des emprunts énormes auprès d’instances internationales (Banque Mondiale, Banque Africaine du Développement), d’Etats plus riches et d’instances financières privées. Les seuls intérêts de la dette sont si lourds à rembourser qu’ils exigent de réemprunter indéfiniment. Pour faire semblant d’y parvenir, les dictateurs ont accepté des Plans d’ajustements structurels (PAS) imposés par le Fond Monétaire International (FMI) au dépens des dépenses sociales, celles qui bénéficieraient aux populations. Toute ressemblance avec ce qui arrive maintenant en Europe n’est pas qu’une impression… Ici comme là-bas, les partis prétendant incarner l’alternative doivent être jugés en fonction de leur position par rapport à cette question fondamentale : quand donc les richesses produites par le peuple finiront-elles par lui revenir ?

En Tunisie et en Egypte, le pouvoir reste aux mains des mêmes appareils. Les revendications sociales se mêlent aux revendications politiques quand les manifestants ou les grévistes exigent que les responsables de l’ancien système dégagent. Pour que ces pays puissent se développer, les peuples doivent obtenir un changement économique et politique clair. Les coûts de production très compétitifs avec des salaires à « évolution modérée » ont fait de la Tunisie de Ben Ali un vrai paradis pour les investisseurs comme le fait valoir la brochure « Tunisie, des performances à partager» de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (FIPA Tunisie).

Les procédures judiciaires sur les biens mal acquis

La fortune amassée par Moubarak et sa famille est hallucinante. Selon le Gardian, Hosni, elle atteindrait 70 Milliards de dollars. L’essentiel serait entreposé dans les coffres de banques britannique (Bank of Scotland, filiale de la Lloyds) et suisse (UBS), ou consisterait en biens immobiliers à Londres, New-York, Los Angeles ou le long de la Mer Rouge. Selon Christopher Davidson, professeur spécialiste du Moyen-Orient, à l’université de Durham, Mubarak, sa femme et ses deux enfants ont accumulé leurs richesses grâce à de nombreux partenariats avec des investisseurs étrangers. Selon l’anecdote rapportée par un journal algérien, à un importateur égyptien de Peugeot se plaignant auprès d’Hosni que « son » fils lui a taxé un pourcentage conséquent de son investissement, le Raïs a répondu en substance : « mais enfin, considère mon fils comme le tien ». En Egypte, les politiciens et leurs alliés militaires exigent environ 20% d’intérêts lors de l’implantation d’entreprises, source de profits importants sans apport initial et à peu de risques.

Du côté tunisien, les Ben-Ali-Trabelsi et consorts auraient amassés une fortune estimée à 5 milliards d’euros, selon le magazine américain Forbes. Le président déchu aurait des intérêts dans plusieurs secteurs : banques, transports, immobilier, télécoms, en Tunisie et à l’étranger, souvent aux noms de personnes liges parmi son entourage familier, notamment son beau-frère Belhassen Trabelsi et son gendre Mohamed Sakhr El Materi. Il s’agit de banques privées en Tunisie (Banque de Tunisie), plusieurs compagnies aériennes (Karthago Airlines), des hôtels 5 étoiles en Tunisie (Karthago), des hôtels particuliers en Argentine, à Dubaï, au Canada… Sans parler de ses nombreuses villas luxueuses en Tunisie (Sidi Bou Saïd, Port El Kantaoui, Monastir, Utique…)

Dans les deux cas, une partie de la fortune doit très probablement dormir au chaud dans des paradis fiscaux.

Une bataille judiciaire contre les corrompus et leurs complices corrupteurs

Trois associations (Sherpa, Transparence International France et le Comité arabes des Droits humains) « ont déposé une plainte auprès du Procureur de la République de Paris à l’encontre de différents membres des familles Ben Ali et Trabelsi dans le but d’obtenir l’ouverture d’une information judiciaire relativement aux avoirs qu’ils possèdent en France. » Cela a été suivi le 24 janvier 2011 de l’annonce par le parquet de Paris de l’ouverture d’une enquête préliminaire. Les trois organisations « auraient préférées l’ouverture d’une information judiciaire et la désignation d’un juge d’instruction, le cadre de l’instruction étant plus adapté pour obtenir rapidement le gel des avoirs et accéder aux demandes d’entraides judiciaires internationales. »

Notons aussi que cette enquête préliminaire a été ouverte avec un délai suffisant pour permettre à l’essentiel des fonds de disparaître… Interrogé par Libération le 18 janvier, l’avocat William Bourdon de l’organisation Sherpa, qui s’est déjà illustré dans une plainte concernant les biens mal acquis de trois dirigeants africains, signale que Ben Ali avait la veille, le 17 janvier, vidé ses comptes en Suisse, ce qui « pose d’ailleurs des questions sur l’attitude de ces banques ». Selon une source diplomatique, l’Union européenne (UE) a ensuite acté jeudi 20 janvier le principe d’un gel des avoirs de Zine El Abidine Ben Ali et de ses proches, mais la décision formelle n’interviendrait qu’une dizaine de jours plus tard.

Après avoir cautionné Ben Ali pendant fort longtemps en fermant les yeux sur son régime, les médias occidentaux ont été forcés à parler de dictature et de régime corrompu mais on n’entend jusqu’à présent pas parler des corrupteurs. Il ne saurait pourtant y avoir de corrompus sans corrupteurs.

Pour récupérer les sommes considérables placées au Nord, la bataille judiciaire est l’affaire de spécialistes. Mais cette bataille demande un soutien populaire et des informations militantes. Le Canada est disposé à geler les avoirs de Ben Ali, s’il reçoit les documents de la part des autorités tunisiennes. Cela nécessite une pression internationale, une campagne unitaire d’interpellation des responsables de la Justice.

La dette et ses vautours :

Pour s’armer et construire une industrie au service du Nord, les régimes dictatoriaux ont contractés une dette importante dès les années 60, les pays du Sud qui sera multipliée par 12 entre 1970 et 1980, les mettant dans une situation économique intenable. De nos jours, la dette extérieure (privée et publique) des pays en voie de développement s’élève à 2600 milliards $. La réponse du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale aux difficultés de ces pays est la conception des « fameux » plans d’ajustement structurels (PAS), qui conditionnent l’octroi de toute nouvelle aide. Concentrés de mesures macroéconomiques ultra-libérales destinées à rétablir la solvabilité des pays, ils combinent privatisations, coupes sévères dans les dépenses publiques, dévaluation monétaire, libéralisation des mouvements de capitaux, suppression des barrières douanières et désengagement de l’Etat. Leurs coûts sociaux et humains se révèlent désastreux. En imposant des modèles exclusivement tournés vers l’exportation de produits aux cours fluctuants, ces plans drastiques ne permettent même pas de restaurer la solvabilité des pays du Sud. Pire, ils alimentent la spirale de l’endettement et maintiennent les peuples colonisés dans la misère.

Plutôt qu’une aide, la dette est un moyen de captation des richesses et de pression sociale sur les pays du Sud.

L’exemple tunisien, et la doctrine de la « dette odieuse »

En arrêtant de rembourser une dette odieuse dont seule la dictature a profité, la Tunisie pourrait utiliser son argent pour les dépenses sociales et productives dont elle a besoin. Cette dette s’élève à 21,8 milliards d’euros en 2008, ce qui représente 130% du PIB. De 1990 à 2008, le service de la dette a récupéré plus de 18,5 milliards d’euros sur le dos des tunisiens.

Les cas de l’Argentine et de l’Equateur sont intéressants. Ces pays, après avoir suspendu unilatéralement le payement et renégocié leurs dettes, n’ont pas connu le chaos qui leur était prédit. Cela a libéré des fonds pour augmenter les dépenses sociales dans la santé, l’éducation et dans le développement d’infrastructures de communication.

La Tunisie sort directement de la dictature ; le nouveau gouvernement démocratique, une fois en place, a toute légitimité et tout intérêt à déclarer illégale la dette contractée depuis le putsch de Ben Ali. Cet acte souverain s’appuie sur le droit international. La doctrine de la dette odieuse, élaborée en 1927, stipule que : « si un pouvoir despotique contracte une dette non pas pour les besoins et dans les intérêts de l’État, mais pour fortifier son régime despotique, pour réprimer la population qui le combat, cette dette est odieuse pour la population de l’Etat entier (…). C’est une dette (…) personnelle du pouvoir qui l’a contractée, par conséquent elle tombe avec la chute de ce pouvoir. » La Tunisie de Ben Ali répond parfaitement à cette doctrine. Un audit de la dette odieuse pourrait lui servir entre autres à montrer les complicités en vue d’exercer des poursuites contre ces responsables.

Les agences de notation dégradent la note de la Tunisie, montrant une fois de plus que les acteurs financiers préfèrent une population opprimée et une dictature qui protège les intérêts des détenteurs de dette plutôt qu’une population libre bénéficiant des richesses de son pays. Toutefois, la situation économique de la Tunisie sera bien meilleure si le pays se dégage de la dette contractée par la dictature.

Nous pouvons contribuer à la réussite de la révolution dans des pays que notre Etat a opprimés, et opprime encore.

Daniel, Leila et John.

Pour aller plus loin.


La conférence de presse du nouveau premier ministre provisoire B.CAID ESSEBSI

Après l’annonce hier par le Président de la République par intérim, M. Foued Mebazaa, de l’entrée du pays dans une nouvelle phase qui rompt définitivement et de manière irréversible, avec le régime déchu et de la tenue d’élections pour élire une Assemblée Nationale Constituante voici :

Les grandes lignes de la  conférence de presse  tenue aujourd’hui le 04 mars 2011 par le nouveau premier ministre provisoire Béji Caid  ESSEBSI dont la volonté est manifeste de détendre l’atmosphère et donner un véritable nouveau départ dans le pays.

1. L’état Tunisien doit retrouver son prestige et son autorité en ramenant la sécurité dans le pays , effort qui demandera plusieurs mois.

2. L’ancien président Ben Ali en fuite ( qualifié de déserteur ), en tant que commandant en chef  des armées a commis une haute trahison envers l’état pour avoir rennoncé à assumer  sa responsabilité  d’assurer la stabilité et la sécurité de la Tunisie.

3. Je comprend après cette révolution,  l’explosion des tunisiens et même certains dépassements  après deux décennies d’oppression du régime dictatorial de Ben Ali

4. Le tourisme vecteur important de l’économie nationale doit redémarrer dès à présent pour sauver la saison touristique à venir.

5. Il fut un temps où  le mot  » dégage  » était justifié et avait son importance, maintenant il faut lui trouver un remplaçant plus positif.

6. La majorité des Tunisiens approuve la tenue d’élections pour la nouvelle Assemblée Constituante dans les meilleurs délais.

7. Le gouvernement actuel est certe  provisoire mais il a une importante  mission de sauvetage du pays.

8. L’ abandon de la constitution de 1959 implique que toutes les institutions s’y référant seront caduques y compris la chambre des députés.

9. Le gouvernement provisoire disparaitra avec l’élection de la nouvelle Assemblée Constituante, mais jusqu’à cette date il travaillera sans relâche pour le bien de la Tunisie.

10. La jeunesse doit faire confiance au gouvernement et à son avenir.

11. Avec humour , le premier ministre dit ne posséder que sa propre voiture,  » la conviction est une source de richesse intarrissable  » rajoute t’ il.

 

C’est le  premier discours d’un homme politique n’utilisant pas la langue de bois depuis l’arrivée au pouvoir de Ben Ali en 1987, il était temps !


Scènes de batailles rangées à Tunis le 25 et 26 Février 2011

Le 25 février 2011 l’appel pour exprimer son mécontentement au gouvernement de transition actuel a donné lieu à une importante  manifestation pacifique à la place de la Kasbah haut lieu du pouvoir Tunisien.

Mais ce mouvement de protestation s’est  transformé durant les journées du 25 et 26 février en véritable guérilla urbaine à l’avenue Bourguiba devant le Ministère de l’Intérieur puis dans les rues avoisinantes,suite au déplacement de la foule des protestataires vers le centre ville.

Tentatives d’attaque et de sacage en règle des locaux de ce ministère, bris des devantures et pillage des grands magasins, dégradation du mobilier urbain etc..

Il ne fait pas de doute que des personnes  mal intentionnées profitent de la destruction du mur de la peur de manifester depuis le 14 janvier (date de départ de BenAli ) pour infiltrer  ces mouvements de protestations par des casseurs.

Dans une interview exclusive accordée à Al Jazeera, le premier ministre provisoire, Mohamed Ghannouchi, a dévoilé que ces violences sont préméditées.C’est ainsi qu’il a révélé qu’une personne a été arrêtée en possession dans sa voiture d’une somme de 90 000 dinars (près de 50 000 euros), cette somme sans doute était destinée pour rémunérer les agitateurs.

Suite aux arrestations faites ces deux derniers jours,  une enquête est en cours afin de déterminer la vérité sur les parties qui tentent la déstabilisation du gouvernement  et du pays.

Le fantôme de ben Ali n’a pas fini de rôder sur la Tunisie.